
Saint-Aubin-sur-Mer, une station balnéaire née pendant la vogue des bains de mer
C’est au XIXᵉ siècle, en pleine vogue des bains de mer, que Saint-Aubin-sur-Mer prend son essor. Venue d’Angleterre, cette nouvelle mode gagne la France au début du siècle. On vient alors sur le littoral pour « respirer le bon air » et profiter des bienfaits supposés de l’eau de mer.

Les pêcheurs du village deviennent maîtres-nageurs et accompagnent les baigneuses, vêtues de leurs impressionnants maillots six pièces. Selon les méthodes de l’époque, elles sont maintenues à l’aide d’une corde ou plongées dans les vagues « à la lame » depuis des cabines de bain installées sur des charrettes. Avec le développement des idées hygiénistes, les bains de mer sont réputés soulager l’asthme, l’anémie, la dépression et de nombreux autres maux.
En vous promenant sur la plage, vous remarquerez peut-être une installation insolite : une corde solidement tendue entre de grands poteaux en bois fichés dans le sable. Au XIXᵉ siècle, elle permettait de pratiquer le « bain à la corde ». À une époque où la plupart des vacanciers ne savaient pas nager et où la mer inspirait davantage la crainte que le plaisir, cette corde offrait un précieux point d’appui pour entrer dans l’eau en toute sécurité.

L’arrivée des Chemins de fer de l’Ouest transforme profondément le village. Dès 1876, un train relie Paris à Saint-Aubin, via Caen, facilitant l’arrivée d’une clientèle toujours plus nombreuse. Déjà érigé en commune en 1851, le petit hameau de pêcheurs se métamorphose peu à peu en station balnéaire sous l’impulsion de son premier maire, Constant Aubert, et de l’abbé Bossard.

À cette époque, les modestes maisons des pêcheurs étaient souvent de petites constructions dotées d’un escalier extérieur. Les familles vivaient à l’étage, tandis que le rez-de-chaussée était réservé aux animaux de basse-cour. Le père partait en mer, la mère travaillait comme dentellière pour la manufacture de Courseulles, et les enfants ramassaient le goémon sur la plage, notamment dans les secteurs de la Cour des Normands et de la rue Canet.
Pour répondre aux attentes des estivants, la commune se dote rapidement d’équipements de loisirs. Un premier casino est construit en 1874 à la limite de Langrune, avec l’Hôtel de la Terrasse attenant. Dans les années 1920, ce bâtiment devient un préventorium pour enfants atteints de tuberculose, avant d’être transformé en centre de vacances.




Le front de mer se pare alors de magnifiques demeures mêlant architecture classique, Art nouveau et Art déco. Une dizaine sont encore visibles aujourd’hui depuis la digue, parmi lesquelles la villa Ruprich-Robert, construite en 1859 et la plus ancienne de la station, les villas « Belle Plage », où séjourna le baron de Rothschild, ou encore la remarquable villa « La Loggia ». Parmi les visiteurs célèbres figurent également Louis Pasteur, Émile Zola et le compositeur Jules Massenet.

Pour divertir cette élégante clientèle, cafés et bazars ouvrent leurs portes. Les animations se multiplient : concours de châteaux de sable – appelés alors « travaux sur sable » –, concours de pêche, élection de la Reine de l’Iode, courses de podoscaphes, ancêtres du paddle, sans oublier les régates qui animent la côte.


Plus d’un siècle plus tard, le charme de Saint-Aubin-sur-Mer opère toujours. En flânant sur la digue, particulièrement animée durant la belle saison, il est facile d’imaginer l’effervescence des premiers vacanciers venus découvrir les plaisirs de la mer. Et vous, quels sont vos souvenirs sur notre plage ?
- Envie d’en apprendre davantage sur l’histoire de Saint-Aubin-sur-Mer ? Retrouvez toutes ces anecdotes et bien d’autres dans notre ouvrage, disponible à l’office de tourisme.
0 commentaire